Christophe : Les Vestiges Du Chaos Tour – Salle Pleyel, Paris (2017)

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21 Novembre 2017 – Christophe : Les Vestiges Du Chaos Tour – Salle Pleyel, Paris

J’ai bien été embêté à quelques semaines du concert quand j’ai dû acheter mes billets d’avion pour New York, car la seule option possible était de partir le jour où j’avais réservé, le mercredi 22. Mais grâce à mon collègue, j’ai pu échanger ma place pour la veille et assister à cette soirée que j’attendais avec impatience.

Christophe c’est un artiste que j’ai découvert assez tardivement, avec l’album « Aimer Ce Que Nous Sommes », et qui m’intrigue de par la modernité de son style et ses chansons. Il a publié en 2016 un disque intitulé « Les Vestiges Du Chaos » et qui est donc le fil rouge de cette tournée. Le rendez-vous est donné à la salle Pleyel, superbe salle parisienne, dont la scène est cachée derrière une illustration du dessinateur Enki Bilal, dont je vous laisse découvrir le style : Enki Bilal. Pour l’instant, je reconnais que j’ai du mal à faire le lien entre l’univers de science-fiction de l’artiste et Christophe. Le concert apportera peut-être la réponse… ou pas 😉.

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Les lumières s’éteignent et un effet stroboscopique balaie la salle sur l’intro de « Définitivement ». On devine Christophe en ombre chinoise, derrière le rideau qui s’envole après quelques secondes. Les musiciens font leur entrée, on découvre le décor, quatre plates-formes surmontées de quatre cubes lumineux. Mes voisins restent interdits devant cette ouverture, eux qui attendent « Aline » et « Vanina » (véridique). Sans un mot, il enchaîne avec « Tu Te Moques » qui nous permet d’apprécier la beauté de la mise en scène et le talent des musiciens qui l’accompagnent. Il prend la parole ensuite pour nous expliquer qu’il est ravi d’être ici, à Pleyel, ou tant de génies sont passés. Il chuchote presque.

Sa voix semble toujours être à la limite de casser sur « Lou » pendant laquelle la salle revêt une parure rouge et verte. Il termine le titre en jouant un air d’harmonica comme sur la version studio. Il semble bien décider à nous présenter l’album en intégralité, puisque le concert continu avec « Dangereuse » et « Tangerine », ma chanson préférée du disque. Le morceau est une merveille en live ! Du fond de la scène, un rayon lumineux projette des extraits de films dans de la fumée. Le rendu n’est pas top sur ce titre, mais l’effet sera retenté un peu plus tard dans le concert avec un résultat plus convaincant. Les gens autour de moi sont choqués, il faut dire qu’on est loin de « Vanina » 😂.  Pour « Drone », une des autres pépites de l’album, la scène se pare de rouge, et seules les silhouettes des musiciens se détachent en ombre chinoise. C’est d’une classe folle.

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L’ambiance se veut plus rock ‘n’ roll sur « Stella Botox » et « Océan D’amour » pendant laquelle la scène est balayée par de multiples rayons verts. La fin de la chanson est jouée au saxophone par l’un des musiciens. La direction artistique est vraiment très réussie ! C’est une intro au violon à laquelle nous avons droit pour le titre « Les Mots Fous ». Christophe enchaîne sur « Ange Sale » qui est l’un des tableaux qui me marque le plus. La mise en scène est léchée : les cubes scintillent et les musiciens sont éclairés par des projections lumineuses qui elles aussi brillent de mille feux. L’interprétation est exceptionnelle, Christophe est en roue libre et hurle presque sur le refrain :

« Just a wanderlust- Just a wanderlust flesh- PAR PALIER !

Just a wanderlust- Just a wanderlust flesh – PAR PALIER ! »

Autant vous dire que c’est la chanson qui me restera toute la nuit dans la tête après le concert. Il raconte ensuite sa rencontre avec Enki Bilal, dont je vous parlais au début de cette chronique, en expliquant qu’ils préparent ensemble une performance au Havre en 2018. On arrive sur la fin de l’album, le titre éponyme, « Les Vestiges du Chaos », bénéficie d’une mise en scène assez violente ; que ce soit visuellement parce que les projections lumineuses sont très blanches, très agressives, ou musicalement, car le groupe y va vraiment à fond. La première partie se termine sur « E Justo », sur laquelle un rayon balaie la scène au rythme d’un pendule. Il s’assoit dos à nous. On peut voir en parallèle des extraits de films sur l’écran de fumée dont je vous parlais tout à l’heure, et des bulles de savon s’envoler sur l’outro de la chanson.

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Quand les lumières se rallument pour l’entracte, je sens qu’une partie du public est déboussolée. Mes voisins par exemple ne s’attendaient clairement pas à ça. Personnellement je suis conquis, mais je crains la seconde moitié composée de ses anciens titres, et que je sais assez différente de la première. Quand le spectacle reprend, l’ambiance est effectivement toute autre… Il invite José Maya, danseur d’origine gitane, pour une séquence de flamenco sur « Enzo ». Christophe revient sur scène accompagné de son piano et jonché sur une plate-forme mobile que les techniciens ont bien du mal à installer ! Il nous offre donc une version piano-voix de son succès « Les Marionnettes ». Je sens un grand soulagement de la part du public 😅 ! Après la chanson, il prend la parole et annonce la couleur :

« Pour être cash, quand vous m’entendrez chanter Aline – parce qu’évidemment je vais chanter Aline – je suis là pour ça et ça me fait plaisir en plus – après Aline, je ne reviens plus, et vous pouvez rentrer chez vous ! ».

Il a bien compris ce que les gens attendent de lui, et sa façon de le montrer au public est très maline je trouve. La séquence piano voix continue avec « Comme Un Interdit » et « La Dolce Vita » sur laquelle il se fait accompagné par son bassiste. Il en remet une petite couche sur « Aline » et la fin du concert, et explique que la nuit dernière, il regardait un film avec Jack Nicholson et qu’en faisant le rapprochement avec son vrai nom : Daniel Bevilacqua ; ça lui a donné envie de boire un verre de Jack Daniel’s. On voit donc débarquer sur scène, une desserte avec des jambes (je ne suis pas bourré, je vous promets), sur laquelle est posé le whisky tant attendu. C’est un tour de magie créé par Dani Lary, grand ami de Christophe, qui lui a demandé de participer au spectacle. C’est assez surprenant pour nous, mais pour Christophe, tout semble parfaitement normal.

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Il enchaîne avec « Succès Fou » que le public reprend en chœur avec lui et « Les Paradis Perdus », mon coup de cœur de la soirée. Il bavarde ensuite au sujet du fauteuil dans lequel il est assis pour jouer au piano, un instrument dont il ne jouait pas il y a encore une dizaine d’années ! Il n’a appris que très récemment. Il continue sa digression sur le mobilier en parlant de Philippe Ramette, un artiste plasticien qu’il aime beaucoup et à qu’il a demandé un objet énervant ; une sorte de casque avec une boule en laiton qui se déplace à l’intérieur, et qui agace dès qu’on bouge la tête… mais qui a priori relaxe Christophe. Après cette séquence à la limite du WTF, il invite son guitariste pour interpréter avec lui « Señorita ».

À la fin du morceau il nous parle de prompteur en panne, de Kleenex, mais surtout de la musique qui lui a donné envie d’apprendre à jouer du piano : la scène du ralenti du film « Lola » de Jacques Demy. Le mec est en roue libre totale. Il enchaîne avec « La Man » et « Alcaline », reprise d’Alain Bashung… toujours en piano-voix. Et là c’est le drame. Mis bout à bout, les deux titres durent près de 13 minutes. Je n’en suis pas fier, mais je crois que je m’endors, ce qui ne m’était pas arrivé depuis Sunday in the Park with George en 2013. Ce passage est très flou pour moi parce que j’ai effectivement totalement décroché du spectacle à ce moment-là et quand je reprends conscience, la chanson d’Alain Bashung n’est toujours pas terminée ! Le cauchemar absolu.

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Il enchaîne avec « Mal Comme », extrait de cet album, « Aimer Ce Que Nous Sommes », dont je vous parlais au début de l’article. Mais là, je vous avoue que le piano-voix, je n’en peux plus. Ça devient long… Heureusement, le groupe revient sur « Les Mots Bleus » que vous retrouverez en vidéo à la fin de l’article, et le spectacle reprend un rythme plus classique. La mise en scène est également de retour, parce qu’il n’y a rien eu d’exceptionnel depuis le début de la 2e partie, mais ce n’est pas suffisant pour me remettre dedans… Il profite de la chanson pour présenter son équipe sur une outro sans fin. Mes voisins s’impatientent, et attendent « Aline ». Il enchaîne avec « Ces Petits Luxes » et « Chiqué Chiqué », interminable elle aussi.

Je n’ai plus d’énergie lorsqu’il entame une version de 6 minutes de « T’aimer Fol’ment ». On approche de minuit et les gens commencent à quitter la salle. C’est dommage d’avoir tenu jusque-là et de partir juste avant « Aline », qui clôture bel et bien le concert comme annoncé à de multiples reprises pendant la soirée. Je vous invite à découvrir la vidéo à la fin de l’article, le titre est réinventé et la nouvelle version est assez sympa, mais pour moi c’est trop tard pour sauver cette 2e moitié de concert… Il est plus de minuit quand je sors de la salle, autant vous dire que je suis rincé : il a été plus de 2h30 sur scène, 3 heures de spectacle si on compte l’entracte. Bravo pour la performance, c’est généreux de sa part d’offrir autant de titres au public, mais le rythme est vraiment décousu et j’ai fini le concert en souffrance.

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Je ne sais pas comment conclure cet article, parce que je suis partagé. J’ai adoré la première partie du spectacle malgré la voix qui m’a un peu étonnée au départ, mais à laquelle on s’habitue. La mise en scène est saisissante, la création lumière est incroyablement moderne, les chansons du dernier album sont sublimées : on se laisse vraiment bercer par l’atmosphère qui se dégage dans la salle. Mais si la première partie est surprenante, vive et entraînante, la seconde est beaucoup plus déséquilibrée ! Certains titres sont complètement dispensables… Il m’a perdu sur le doublé « La Man » et « Alcaline », impossible de me remettre dedans ensuite. C’est vraiment dommage parce qu’avec trois ou quatre chansons de moins, la prestation serait parfaite. Je n’aurais malgré tout pas rechigné à entendre « Panorama De Berlin » en souvenir de mes années passées à Montpellier 😂.

Ça a l’air d’être un gentil bonhomme, d’une grande intelligence. Je regrette un peu son côté statique qui n’invite pas vraiment à l’échange, en tout cas sur la première partie. Il s’est rattrapé dans la deuxième, en alignant les bons mots avec son humour pince-sans-rire. Il sait ce que le public attend de lui et il en joue… beaucoup ! Pour résumer, c’est un spectacle à son image et après tout, c’est le plus important 😅.

On termine avec les photos et les vidéos du concert, je vous laisse me rejoindre sur les réseaux sociaux  FacebookTwitter et Instagram et écrire vos commentaires en bas de cet article. Il y aura beaucoup de choses en décembre alors restez connectés !

Setlist : Définitivement / Tu Te Moques / Lou / Dangereuse / Tangerine / Drone / Stella Botox / Océan D’amour / Les Mots Fous / Ange Sale / Les Vestiges du Chaos / E Justo / Enzo (instrumental) / Les Marionnettes / Comme Un Interdit / La Dolce Vita / Succès Fou / Les Paradis Perdus / Señorita / La Man / Alcaline / Mal Comme / Les Mots Bleus / Ces Petits Luxes / Chiqué Chiqué / T’aimer Fol’ment / Aline

Également disponible en vidéo sur YouTube : AlineLes Mots Bleus

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