Madonna : MDNA Tour – Stade de France, Paris (2012)

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14 Juillet 2012 – Madonna : MDNA Tour – Stade de France, Paris

Voilà bien deux ans que je n’avais pas attendu aussi longtemps pour assister à un concert… Arrivés aux alentours de 11h du matin devant le stade de France, nous avons passé une grande majorité de la journée allongés sur le béton en guettant l’ouverture des portes. C’était évidemment sans compter sur l’averse qu’il y a eu en plein milieu d’après-midi et qui nous a obligés à tous nous regrouper sous nos parapluies. L’entrée dans le stade s’est faite sans pertes et fracas : c’est à l’intérieur que le calvaire a commencé. J’avais oublié à quel point certains spectateurs pouvaient être détestables… Je me suis retrouvé à devoir expliquer la vie à un benêt d’une vingtaine d’années qui tentait de me faire comprendre qu’avec ma grandeur, ce n’était pas respectueux d’aller en fosse. Ce qui est rassurant dans l’histoire c’est que je ne suis pas le seul à l’avoir remis en place – ce n’est pas le lieu pour faire des caprices quoi !

Bref, j’ai le temps de me calmer durant la première partie de Martin Solveig et le petit set de l’invité-surprise de la soirée : Will.I.Am – qui a interprété, pour mon plus grand plaisir : « Bom Bom Pow », « This Is Love » et « I Got A Feeling ». Personne ne s’attendait à ce qu’il soit là : j’ai beaucoup apprécié de le voir. Quoi qu’il en soit, l’attente est longue jusqu’au début du concert, aux alentours de 22h15 – mais en valait la peine vu le placement idéal que nous avons en pelouse or. La scène est agrémentée d’une avancée triangulaire (aussi appelé Golden triangle – certains spectateurs peuvent y avoir accès) et nous nous trouvons à la pointe de ce catwalk là où Madonna et ses danseurs viendront plusieurs fois au cours de la soirée. Je peux vous dire que l’excitation est montée d’un cran à l’extinction des lumières…

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Le show débute par un tintement de cloches d’église – l’écran s’allume et laisse apparaître une immense cathédrale. Quelques danseurs rejoignent la scène camouflés sous des tuniques à capuches pourpres et commencent un étrange rituel. Un encensoir se balance au-dessus d’eux pendant l’arrivée du groupe Kalakan (qui se joindra plusieurs fois à Madonna tout au long du spectacle) entamant un chant religieux. L’orage gronde, des gargouilles se réveillent et l’écran s’ouvre pour laisser apparaître un confessionnal dans lequel on peut voir l’ombre de Madonna agenouillée. Elle récite le texte du morceau « Act Of Contrition » avant le lancement démentiel du show sur « Girl Gone Wild ». J’ai rarement vu une entrée aussi réussie visuellement et je vous conseille d’aller la regarder sur YouTube si vous n’avez pas eu l’occasion d’assister au concert : je suis certain que vous serez soufflés par sa qualité. Madonna apparaît en tenue de cuir et se lance directement dans la chorégraphie rendue célèbre par le clip. C’est d’ailleurs une version spéciale pour le spectacle, car elle contient quelques extraits des titres « Material Girl » et « Give It 2 Me ». Les danseurs portent des talons aiguilles et enchaînent les pas à la perfection. J’ai adoré cette introduction, particulièrement pour son inventivité au niveau de la scénographie : lorsque tout le décor s’écroule sur le pont musical du morceau, c’est juste incroyable ! Bref, je pourrais vous parler des heures de « Girl Gone Wild », mais il faut bien passer à la suite.

Le choix du titre suivant est surprenant, il s’agit de « Revolver ». S’il y avait bien une chanson que je ne m’attendais pas à entendre sur cette tournée, c’est bien celle-ci. J’avais des doutes, mais le rendu est très bon, le titre s’intègre à la perfection dans l’univers sombre et violent du premier tableau. Madonna s’approche pour la première fois de nous au cours de la chanson et c’est une véritable déferlante dans le public : elle est à quelques mètres seulement ! J’ai d’ailleurs eu beaucoup de chance à chaque fois, que ce soit au « Confessions Tour » ou au « Sticky & Sweet Tour » : j’ai toujours été au plus proche de l’avancée et je peux vous dire qu’au fil des années : elle est toujours aussi bonasse. L’enchaînement se fait sur « Gang Bang », l’ovni du dernier album. La mise en scène est excellente : une chambre d’hôtel est littéralement recréée et permet à Madonna et ses danseurs de nous projeter dans une véritable séquence de cinéma. Coup de pistolet, effusion de sang, course-poursuite : tous les ingrédients du polar se matérialisent devant nous. J’ai un petit frisson quand la foule reprend les « Over and over and over and over and over. Now drive bitch ! I said drive bitch ! ». Une réussite de bout en bout. Petit morceau de « Papa Don’t Preach » ensuite, premier grand succès des eighties depuis le début du concert : la réorchestration garde de l’essence de la chanson tout en lui donnant un nouveau relief grâce aux chœurs ajouter çà et là sur le refrain.

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Alors que Madonna termine interprétation, les danseurs déguisés en terroristes la ligotent et l’emmènent au pas militaire sur les « Time goes by so slowly » de « Hung Up ». Le titre est méconnaissable. La réorchestration n’est pas monstrueuse, mais il ne reste plus rien de la version originale : c’est un déluge de vocodeur, le gimmick disco d’ABBA a disparu au profit d’une instrumentalisation beaucoup plus planante. Le côté visuel est encore très élaboré puisque les danseurs et elle-même se retrouvent à jouer les équilibristes sur des câbles d’un bout à l’autre de la scène. Le morceau se termine pour laisser place au majestueux « I Don’t Give A » (l’un de mes préférés du dernier album). La première partie est assez sobre : Madonna est simplement à la guitare sur une plate-forme surélevée sur l’avancée. Là où ça devient magique, c’est après le pont ‘rapé’ de Nicki Minaj, lorsque les chœurs s’emballent sur les « I Don’t Give A-A-A-A » et que l’orgue ardent disparait pour laisser place à une plate-forme sur laquelle Madonna tend les mains vers la croix « MDNA ». C’est d’ailleurs cette chanson que vous pourrez voir à la fin de l’article !

Premier interlude vidéo de la soirée avec un mashup des titres « Best Friend / Heartbeat » – qui, même s’il n’est pas très intéressant musicalement parlant, m’a donné des frissons par la mise en scène qui l’accompagne. Les images qui sont projetées ne servent que de décor : tout se passe sous nos yeux. Les danseurs sont torse nu et portent des masques à gaz. L’originalité de la chorégraphie vient du fait qu’ils enchaînent des positions « impossibles » comme s’ils se démembraient. On entend le craquement des os tout au long du morceau, on le croit vraiment : c’est une réussite. Bravo aux danseurs pour leur performance d’ailleurs ! L’ambiance est plus légère dès que résonne l’introduction d’ « Express Yourself » sur fond de cheerleading. Madonna revient donc sur scène accompagnée d’une troupe de pom pom girl pour nous en mettre plein la vue. J’ai beaucoup aimé ce tableau, d’autant plus qu’elle a choisi d’intégrer un bout de « Born This Way », la chanson de Lady Gaga inspirée d’« Express Yourself » en y ajoutant quelques secondes de « She’s Not Me » – comprendra qui voudra ! Mais le morceau sur lequel j’ai vraiment kiffé du slip, c’est « Give Me All Your Luvin’ ». Comme je l’avais dit il y a quelques mois, je ne suis absolument pas fan du titre, mais cette version live est exceptionnelle ! Il y en a partout : les tenus, les images sur les écrans, les danseurs suspendus avec les tambours, le break de folie, la chorégraphie, le remix. Bref, j’ai surkiffé ce moment du show et je crois même que c’est celui que j’ai préféré tous tableaux confondus !

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Madonna, qui avait disparu à la fin du tableau majorette, revient sur scène dans une nouvelle tenue avec sa guitare pour interpréter « Turn Up The Radio ». Je ne suis pas fan du morceau et comme le live est calqué sur l’original : je n’ai pas spécialement aimé ce passage. Heureusement, cette sensation ne dure pas lorsque le trio basque Kalakan revient sur scène pour accompagner Madonna sur « Open Your Heart » dans une version magistralement réorchestrée avec « Sagarra Jo ». Le mélange est improbable, mais ça marche super bien : la montée en puissance sur la fin est wow ! Une des interprétations les plus originales du spectacle c’est certain ! S’ensuit un petit speech sur la liberté, qui tombe à pic pour le 14 juillet évidemment. Madonna prend le temps de nous expliquer ce que signifie « Sagarra Jo » et triomphante, elle annonce : « It means… smashing apple… yeaaah ! » – haha ! Puis elle nous dit que le sens est plus profond et que ça veut aussi dire briser les jugements, les discriminations, etc. Donc qu’on se souvienne bien qu’on se bat pour notre liberté à tous et que si une personne vient la remettre en doute, il suffira de lui dire : « Sagarra Jo MOTHERFUCKER ! ». Elle enchaîne ensuite avec « Masterpiece », l’une des plus belles balades de son répertoire – assez peu différente de la version de l’album dans mon souvenir.

Nouvel interlude vidéo, sur « Justify My Love » qui fait encore appel à mes pires cauchemars avec des danseurs déguisés en immondes clowns/mimes, lol. Jolie réorchestration de la chanson en attendant que résonnent les premières notes du meilleur morceau de son répertoire : « Vogue » et le fameux « What are you looking at ? ». Madonna apparaît sur une plate-forme au centre de la scène principale dans un superbe costume Jean-Paul Gaultier rappelant ses tenues des 90’s, entourée de sa troupe de danseurs ultras lookés évidemment, pour coller au thème du titre. Le tableau a beaucoup de charme : j’adore cette chanson, elle fait partie de mes préférés ! Et c’est un vrai plaisir que de l’avoir en version quasiment originale après le mix R&B qu’elle avait tenté de faire sur la tournée précédente. Le morceau suivant est surprenant, puisqu’il s’agit du mashup « Candy Shop / Erotica », ce dernier étant l’un de mes titres favoris du répertoire de Madonna. Le tableau est très classe et la réorchestration sympathique. S’en suit « Human Nature » que je n’apprécie pas forcément, mais dont la mise en scène rattrape un peu ce manque de prise de risque niveau musical. Madonna se retrouve ainsi seule au centre d’un jeu de miroirs : c’est vraiment très bien fait. Je ne crois pas que la version de la chanson soit très différente de l’originale… Elle termine le tableau sur une version mélancolique de « Like A Virgin » au piano. C’est également le moment qu’elle choisit pour montrer l’un de ses seins, ses fesses, et se retrouver donc à moitié à poil sur scène en train de chouiner sur l’un des plus grands succès de sa carrière. Je sais que beaucoup ont aimé cette version, mais ce n’est pas mon cas : j’ai détesté ! C’est théâtralisé au possible, la mélodie a disparu et je pense que d’autres titres se seraient beaucoup mieux prêtés à cet exercice que « Like A Virgin ». Mais enfin, pour le moment – c’est bien la seule chanson sur laquelle je tique donc ce n’est pas bien grave !

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L’interlude polémique ensuite sur l’un de mes titres préférés, « Nobody Knows Me », une vidéo qui montre donc des images de la misère humaine, mêlées à des images des grands hommes du monde. Vidéo qui est devenue en France « la vidéo de Madonna contre Marine Le Pen » – merci les médias. Pour remettre les choses dans leur contexte, Marine Le Pen apparaît un quart de seconde à l’écran – au milieu de centaines d’autres personnes. Sincèrement, je pense que ça n’intéresse personne d’autre qu’elle ! Ils auraient bien pu la foutre à poil, une pomme dans la bouche, et la queue en tire-bouchon – ça n’aurait pas changé grand-chose pour moi. Haha. Bref, le remix est plutôt sympa et la vidéo est visuellement beaucoup plus intéressante que le « Sorry (Remix) » sur le « Confessions Tour » et « Get Stupid » sur le « Sticky & Sweet Tour ». La chanson suivante n’a aucun lien avec l’interlude, il s’agit de « I’m Addicted » sur laquelle Madonna apparaît dans une tenue brillante, jouant les karatékas avec ses danseurs. Contrairement à ce que j’imaginais, j’ai beaucoup aimé cette version live : j’ai trouvé l’ensemble assez peu cohérent avec le reste du concert, mais la mise en scène est efficace. La chorégraphie est reprise dans la vidéo qui est diffusée sur les écrans – ce qui rend le tableau très coloré et très dynamique. Elle enchaîne ensuite sur un medley « I’m A Sinner / Cyberraga » (fallait aller la chercher celle-là !) – où elle se retrouve littéralement projetée sur le toit d’un bus au milieu d’une nature luxuriante – l’ensemble fait très hippie. J’ai beaucoup aimé la scénographie sur ce titre, car c’est quelque chose de vraiment nouveau et c’est exactement ce que j’attendais cette tournée. Il y a donc trois « bus » devant nous qui donnent l’impression de rouler sur une route abîmée – c’est vraiment bien fait.

On passe ensuite à « Like A Prayer » – aucun rapport avec le reste donc – dans une version magnifique avec beaucoup de chœurs et une (fausse ?) chorale de gospel. Là encore, visuellement c’est magique : les écrans, les lumières, l’ambiance également qui règne dans le stade sur l’un des plus grands titres du répertoire de Madonna. J’aurais aimé ça dure plus longtemps ! Le morceau qui clôture le concert est « Celebration » – dont la version réorchestrée est excellente et qui, s’il n’est pas à la hauteur de « Hung Up » en 2006, rattrape la catastrophe de 2008 sur « Give It 2 Me ». Beaucoup d’ambiance sur ce final, là encore avec une mise en scène très travaillée et où Madonna et ses danseurs jouent les DJ’s. On a d’ailleurs l’occasion de revoir Rocco le fils de Madonna que l’on avait rapidement aperçu sur « Open Your Heart » au milieu du show.

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Que dire en conclusion de ce compte rendu ? Que c’était sans doute le meilleur concert auquel j’ai assisté cette année, et l’un des meilleurs auxquels j’ai assisté depuis longtemps ! Ce qui m’a particulièrement soufflé, c’est la scénographie : inventive comme je l’ai répété tout au long de ce compte rendu, visuellement sublime. C’est exactement ce que j’attendais d’une artiste comme Madonna, qui a longtemps été précurseur dans le domaine de la pop et qui s’était un peu perdu avec sa dernière tournée, loin d’être originale. Cette fois-ci, elle est vraiment au-dessus de tout ce qui m’a été donné de voir ces dernières années. Musicalement, c’est intéressant aussi même si je trouve personnellement, que la setlist manque de morceaux forts pour le grand public. J’étais accompagné d’un ami qui n’était absolument pas familier de l’univers de Madonna et il n’a pu se raccrocher qu’à très peu de titres. Alors ça n’a pas forcément dérangé quelqu’un comme moi, mais j’aurais quand même apprécié d’entendre « Holiday » ou « Music », qui se seraient très bien intégrés dans le dernier tableau, je pense.

Sinon, Madonna m’a étonné une fois encore, de sa forme physique, de son énergie et de son aura également, car c’est quelque chose que beaucoup d’artistes n’ont pas. On n’a d’yeux que pour elle quoi. Tout est réussi sur cette tournée : des chorégraphies aux costumes, en passant par les écrans vidéo ou les réorchestrations. J’espère de tout mon coeur qu’elle aura l’occasion de repasser par Paris avant la fin des représentations afin que je puisse assister une seconde fois au spectacle (NDRL : Euuuh… Je ne sais pas si c’était une bonne idée au final : Madonna : MDNA Tour – Olympia, Paris (2012)) ! En tout cas, s’il y a une chose à retenir de ce concert c’est cette phrase Nicki Minaj sur « I Don’t Give A » :

« There is only one queen and that’s Madonna, bitch ! » 

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Également disponible en vidéo sur YouTube : Give Me All Your Luvin’I Don’t Give AI’m Addicted

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