Chantal Goya : La Planète Merveilleuse – Zénith, Dijon (2014)

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13 Avril 2014 – Chantal Goya : La Planète Merveilleuse – Zénith, Dijon

Je sais que vous êtes nombreux à attendre ce compte rendu, et pas forcément pour les bonnes raisons ! LOL. Ne faites pas les innocents, la plupart d’entre vous vient pour se moquer de cette pauvre Chantal Goya – et soyez rassurés, je vous ai mijoté une chronique aux petits oignons. Quant aux autres, ceux qui sont là pour les bonnes raisons, ne vous inquiétez pas : vous devriez pouvoir retrouver tout ce qu’il faut savoir sur cette nouvelle mouture de « La Planète Merveilleuse » ; des décors aux costumes, en passant l’histoire et les modifications faites par rapport à la version d’origine. Vous êtes prêts ?

Comme certains d’entre vous le savent déjà, le spectacle est loin d’avoir répondu à mes attentes ; mais, après quelques jours de réflexion, je dois reconnaître que j’ai tout de même passé un bon moment, notamment grâce à mes deux cousines qui m’ont fait mourir de rire tout au long de la représentation. « La Planète Merveilleuse » est à mes yeux le plus beau spectacle de Chantal Goya : c’est donc avec un immense bonheur, mais aussi avec une grande appréhension que je me suis rendu au Zénith de Dijon pour en découvrir la nouvelle version. L’histoire raconte la rencontre entre Marie-Rose, le personnage interprété par Chantal Goya, et Luciole, un petit éphémère, dont il ne reste plus que quelques heures à vivre. La comédie musicale retrace leurs aventures de leur rencontre à Paris à la mort de Luciole, sur la Planète merveilleuse.

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La première partie commence par un medley instrumental composé des plus grands succès de Chantal Goya (« Bécassine », « C’est Guignol ! », etc.). Après quelques minutes de nostalgie, le rideau s’ouvre enfin sur les toits de Paris. Un groupe d’enfants accourt pour rejoindre le professeur Gabachou, un chien astronome, qui leur montre les différentes constellations dans le ciel. Un des gamins s’exclame qu’il voit la lune bouger et qu’elle semble leur apporter quelque chose. Ce « quelque chose » : c’est Marie-Rose, qui fait son arrivée dans le ciel de Paris, assise sur un croissant de lune en interprétant le titre phare de la comédie musicale : « La Planète Merveilleuse ». C’est l’entrée en scène la plus symbolique de toute sa carrière, et sans doute la plus réussie aussi. J’avais peur qu’elle ait été simplifiée à cause du lifting général du spectacle – mais heureusement, rien n’a bougé. Ce n’est malheureusement pas le cas pour le décor. Première constatation : l’espace scénique est ultra-réduit. Il y a très peu de place sur scène, c’est le jour et la nuit avec la version originale. Le décor a également pris un sacré coup de pinceau, ce qui n’est pas forcément une bonne nouvelle : les traits sont plus enfantins et on perd tout le réalisme que dégageait l’original. Dernière chose : il manque une grande partie des éléments mobiles ; les toits de Paris sur lesquels doit se poser Marie-Rose sont absents. Si certains spectateurs les ont vus au Palais des Congrès à Paris ou à Bruxelles, il faut savoir que ces décors ne sont pas présents sur certaines dates de la tournée ; et ce ne sont pas les seuls, j’y reviendrai plus tard, car le plus grand sacrilège a été commis dans la deuxième partie du spectacle.

Après quelques mots de bienvenue, Marie-Rose est rejointe par « Les Pierrots De Paris ». Un numéro qui, sans le décor mobile, perd un peu de son charme ; d’autant que Chantal Goya a 71 ans aujourd’hui et n’est donc plus aussi alerte qu’il y a 30 ans. Ça ne m’avait pas spécialement choqué en 2010 ; pour « L’Étrange Histoire du Château Hanté », je l’avais trouvé en forme (cf. Chantal Goya : L’Étrange Histoire du Château Hanté – Halle Tony-Garnier, Lyon (2010)). Mais là, elle n’en branle pas une : depuis qu’elle est sur scène, elle n’a pas bougé d’un pli. Et ce n’est pas forcément mieux pendant le « Ballet Des Pierrots De Paris ». Bref, malgré une ouverture réussie, j’ai du mal à entrer dans le spectacle : la difficulté étant de se détacher de la version que j’ai vue et revue étant gamin. Un rongeur, allumeur de réverbères, fait son entrée en scène et se présente à Marie-Rose qui lui demande si c’est un rat des villes. Il lui répond que non, c’est un rat des champs. Et c’est au moment où elle lui dit « Au revoir Monsieur le rat des villes ! » que l’on comprend que nous allons vivre des moments exceptionnels pendant la représentation. LOL. Le réverbère s’illumine et Luciole, le petit éphémère, fait son entrée pour la chanson « Luciole, Mon Petit Éphémère ». Je trouve qu’ils ont particulièrement bien choisi la gamine, qui, même si elle en fait un peu des caisses, ressemble plutôt bien à la Luciole de l’époque.

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Après de rapides présentations, Luciole explique à Marie-Rose qu’elle a peu de temps à vivre. Malgré tout, Marie-Rose insiste pour l’emmener sur La Planète merveilleuse et lui présenter tous ses amis en commençant par « Pierrot Tout Blanc ». La chanson met un temps fou à se lancer et Chantal Goya se retrouve à boucler sur « Vous allez voir ! Il est là ! Il est là ! Regardez ! Il arrive ! Le voilà ! Ça y est ! Il arrive ! » C’est l’un des passages les plus sympas de la comédie musicale ! Vous trouverez la vidéo à la fin du compte-rendu. S’en suit l’horrible « Ballet Des Moineaux Clochards » qu’il aurait vraiment fallu remplacer ; malheureusement, cet interlude chorégraphié permet également à Chantal Goya de se changer. Un groupe de quatre enfants arrive sur scène et se regroupe devant une enseigne : « Jean-Baptiste Poquelin dit Molière, TA-PIS-SIER ». Les gamins s’étonnent : « Molière était tapissier ? » Une voix se met alors à gronder : « Jean-Baptiste ! Jean-Baptiste ! Ton ouvrage n’est pas terminé. Tu rêves Jean-Baptiste ! Arrête d’écrire ! Nous devrons livrer ce fauteuil à Versailles sans faute ! Mais où as-tu la tête Jean-Baptiste ?! ». La façade du tapissier s’ouvre, et l’on y découvre Marie-Rose, habillée en costume d’époque, pour le titre dédié au fameux Jean-Baptiste Poquelin : « Molière ». C’est une chanson qu’on adore dans la famille, ma cousine a même appelé sa chatte Jean-Baptiste pour cette raison. Vous trouverez la vidéo au bout de la chronique. À la fin du morceau, Chantal Goya retourne dans la boutique qui se ferme à nouveau, et laisse place à ce qu’ils appellent le « Ballet Des Hirondelles » qu’ils auraient mieux fait de renommer « Ballet Des Rats Dégueulasses Et Des Pigeons Clochards ». Je vous laisse imaginer la scène.

Bon, vous devez vous dire : pour le moment ça se déroule plutôt bien… Ne vous inquiétez pas, ça va rapidement partir en couille. La reprise du spectacle se fait sur « Maman Chanson » sur laquelle il ne se passe pas grand-chose. Heureusement, elle se réveille un peu au moment où on entend des bruits de dérapage et une sirène de police quelque part dans les rues de Paris. Pas de doute, c’est une course-poursuite et cela ne peut qu’être « Les Trois Joyeux Pieds Nickelés ». Je dois reconnaître que ce morceau fait du bien au spectacle, le public est enjoué, Chantal Goya donne un peu plus de peps à l’interprétation, ce qui fait de ce tableau l’un de mes préférés. S’en suit un sketch des plus absurdes où on s’est tous regardé en disant : mais qu’est-ce qui lui arrive ?! Les Trois Pieds Nickelés reviennent sur scène avec dans les mains les choses qu’ils ont volées ! Croquignol a dérobé un marteau je ne sais où (elle en profite pour lui glisser au passage : « Faudra aller chez le dentiste, t’as plus de dents devant ! »), Ribouldingue a piqué la couronne du Roi de Bruxelles (elle parle tellement vite qu’elle raconte n’importe quoi : « Ah non, mais ça, c’est pas possible, ils ont voulé la courroie du roi des Belges. Aller hop, donne-moi ça, c’est pour mettre tout ça dans la Police ! »), et elle nous apprend également que Filochard se trimballe avec… la ceinture de Michou. Toute la salle explose de rire. Et là voilà partie : « Pauvre Michou, il a le pantalon qui dégringole ! Oh bah dis donc, ça va bien pour Michou, les beaux diamants. Oh bah oui tant mieux pour lui, il est tellement gentil. ». Évidemment ce n’est pas fini ! Ribouldingue se ramène avec une vieille liasse de billets… Sacrilège : ce sont des francs ! Chantal explose : « Bah oui, le café était pas cher, la baguette était pas chère, ça je sais hein, mais qu’est-ce que vous voulez qu’on fasse maintenant ? C’est fait ! On les a plus. » Elle les dégage de scène à grands coups de marteau dans le cul en leur disant « Regarde là-haut, y’a Montmartre ! ». Ce qui est vrai ! Puisque le Sacré-Cœur surplombe le décor 😀 Elle est en pleine euphorie quand résonnent quelques coups de bâtons, sans même se donner la peine de se retourner elle nous crie : « JE LE CONNAIS ! ». Et nous aussi ! « C’est Guignol ! » qui débarque avec sa natte et son nœud papillon évidemment ! Elle le tient par le bras pendant la chanson et c’est assez drôle, car on voit qu’elle le retient par la manche parce qu’il avance trop vite pour elle. Pour ceux qui s’inquiètent : Guignol est ensuite missionné par ramener sa ceinture à Michou. Tout. Va. Bien.

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Après le départ de Guignol, elle nous explique qu’elle a reçu une lettre d’un ami qui habite en Chine. Toute la salle fait « Aaah… » Eh oui, tout le monde a reconnu « Pandi Panda ». Le costume est toujours aussi dégueulasse qu’en 2010 : le panda n’est plus noir et blanc, mais noir et… jaune. Un petit coup de pressing lui ferait sans doute du bien 😀 La chanson n’en reste pas moins sympathique. Je suis un peu déçu qu’elle mette si peu d’énergie dans la chorégraphie : on a presque envie de monter sur scène pour la faire à sa place ! Ce titre n’est pas dans la version originale du spectacle, mais c’est un bon ajout au milieu de ce tableau « personnages ». On entend le bruit d’une bagnole et sans grande surprise c’est « Bécassine » qui débarque sur scène. Après ça, Chantal nous explique que Bécassine est allé voir la revue du Moulin Rouge, celle-ci tente donc une démonstration de french cancan pendant que tout le public chantonne l’air de la chanson. C’est vite torché, car Bécassine se retrouve bloquée en position du grand écart, Chantal essaie de la relever et en récitant son texte trop vite : elle se met à tousser. « **TOUSSE** Tu vois j’m’étouffe ! J’ai une… **TOUSSE** J’m’étouffe, parce que je voulais que ce soit très bien et puis je m’étouffe ! ». Bécassine va rejoindre les autres à Montmartre et Chantal nous signale qu’il en manque un : « avec ses grandes oreilles ». C’est « Un Lapin » évidemment ! Le lapin déboule et horreur : il a une nouvelle figure. Vous le verrez par vous-même si vous regardez les photos : on a l’impression qu’ils lui ont greffé un visage sur son ancienne tête. Cet épouvantable costume nous occupe pendant toute la chanson. Jeannot Lapin se met ensuite à danser (c’est une manie chez eux). Le twist tout d’abord, le Gangnam style, la… MARAKENIA (pour les gens qui ne parle pas le Chantal Goya, il s’agit de la MACARENA) et pour finir, le moonwalk de Michael Jackson, qu’il réussit plutôt pas mal !

Le spectacle prend une autre tournure ensuite avec « C’est La Marche des Poulbots », toute nouvelle chanson spécialement créée pour la version 2014 de « La Planète Merveilleuse ». Toute la troupe est déguisée avec des costumes d’infanterie et défile avec drapeaux et tambours tout au long du morceau. Le scénario original reprend à la fin du titre quand Luciole, qu’on a tous oublié, revient sur scène, exténuée, à cause de la fête à Montmartre. Il est 2h du matin et elle s’inquiète de ne plus avoir assez de temps pour rejoindre son île aux Papillons, avant de mourir. Marie-Rose décide de l’aider et de partir avec elle. Alors qu’elle cherche un moyen d’aller « plus vite que le temps », une voix résonne au-dessus de l’enseigne du restaurant « À L’Escargot » : « Marie-Rose ! **OUI** Marie-Rose ! **OUI** Je viens d’écouter grâce à mes deux antennes qu’il fallait faire vite pour réaliser votre vœu ». Et là, c’est le drame. Alors que TOUTE LA SALLE connait le dénouement de la séquence, qui est sans doute LE MOMENT le plus attendu du spectacle, Chantal nous sort : « Oh bah on n’a pas de chance… un escargot. Ça ne va pas vite. » ALLO ?! L’escargot continue sa tirade et demande donc aux deux protagonistes de le dégager de ses vilains fers. Marie-Rose court chercher le rat du début et lui demande de scier 8 fois les fers de l’escargot. Le rat grimpe à l’échelle et commence donc à scier l’enseigne. J’ai beau avoir vu et revu la séquence mille fois, je peux vous dire que je retiens mon souffle : ça me fait quand même quelque chose de voir l’enseigne disparaitre et de découvrir le carrosse escargot en chair et en os (enfin en plastique… mais vous m’avez compris !). Bon, il ne ressemble plus vraiment à l’escargot de l’époque : celui-ci a plus la tête d’un porc, mais c’est tout de même un grand moment. Marie-Rose et Luciole grimpent dans « Le Carrosse Escargot » pour le dernier tableau. Elles font comme si leur vie dépendait de ce voyage 😀 À la fin de la chanson, le carrosse disparait et le rideau se ferme. C’est le final de la première partie et le début de mon cauchemar.

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Après un entracte d’une trentaine de minutes, le spectacle reprend sur le thème instrumental du carrosse escargot. Je le sens venir gros comme une montagne : alors que la comédie musicale devrait se poursuivre sur une séquence en mer, celle du « Capitaine Perroquet », le carrosse escargot, Marie-Rose et Luciole débarquent directement sur « L’île Aux Papillons ». La chanson du « Capitaine Perroquet » a, en effet, été supprimée de la setlist sur la tournée… Il faut qu’on m’explique pourquoi avoir fabriqué les décors pour ce tableau pour ne s’en servir que dans certaines villes. La seconde partie est déjà faiblarde à la base alors supprimer cette liaison qui est essentielle à l’histoire est pour moi la plus mauvaise idée de cette adaptation. Pour la peine, je vous propose de découvrir cette merveille :

« Car pour voguer sur les flots, il n’y a rien de plus beau qu’un ES-CARGOT ! »

Après un ballet avec les fleurs de l’île sur « L’île Aux Papillons », le maire du village, Monsieur Babylo, invite nos deux amies au mariage de la reine des abeilles : « Titi Malia ». C’est l’un des moments qu’on attendait le plus, car cette séquence est simplement géniale. Évidemment, c’est un peu moins grandiloquent qu’à l’époque, mais l’ensemble reste tout à fait correct. Vous pourrez le voir par vous-même dans la vidéo à la fin de l’article. Le carrosse escargot fait son retour sur scène pour emmener Marie-Rose et Luciole sur la Planète Merveilleuse. Et là, je ne sais pas ce qui se passe dans la tête de Chantal Goya, mais il y a un moment de flottement où elle se met à raconter n’importe quoi : « Oh mon carrosse escargot, te voici, toi aussi tu vas nous emmener ! (**BAH QUI D’AUTRE SINON ?!**) Tu sais, ça va être tout là-haut dans le ciel ! Il va falloir qu’on vole tous ensemble : que tu y mettes toutes tes forces mon joli soulier ! (**TU TE TROMPES DE SPECTACLE**) Avec le soulier qu’on rencontrera tout à l’heure dans les airs ! (**HEIN ?!**). Aller viens ma petite Luciole. Ça va être… une grande surprise pour nous tous ! (**EUH… **) Nous allons tous nous aimer très très fort là-haut ! (**SI TU LE DIS**) ». Un rideau étoilé tombe sur le décor et entraine Marie-Rose et Luciole vers « La Planète Merveilleuse ». Il y a tellement de fumée dans la salle qu’on ne voit quasiment plus rien de ce qui se passe ! Il vaut mieux ne pas être asthmatique ! Quand Marie-Rose arrive devant le Château du Chat botté, les techniciens amènent 4 pauvres chats en carton pour combler le vide intersidéral qui règne sur scène. La porte du château s’ouvre et « Monsieur Le Chat Botté » fait son apparition. C’est sans doute le personnage le personnage le plus classe de tout le répertoire de Chantal Goya. De plus, la version remixée de la chanson est quand même calquée sur « I’ m A Slave 4 U » de Britney Spears <3

Extrait de l’album « Absolument Goya »

Le Chat botté souhaite la bienvenue à Marie-Rose et décide de donner un grand bal en son honneur. C’est le moment du « Ballet de Préparation de La Fête ». Pendant le morceau Chantal, les fleurs et le Chat botté viennent se poser sur le trône du roi fraichement installé sur scène. Le chat invite ensuite Marie-Rose à danser sur la « Valse Du Chat Botté », également appelée « Ce Soir, Je Vais Danser ». Après ça, tous les invités se retirent dans le château et un lion prend place sur le trône, bien loin de la fête. Il interprète « La Complainte Du Lion » : une ballade sur laquelle il se plaint de ne pas avoir été invité au bal alors qu’il a fait tisser un manteau pour Marie-Rose. Un manteau ?! Sérieusement ? La meuf arrive sur la lune, se trimballe dans un carrosse escargot, tu peux me dire ce qu’elle en a à foutre d’un manteau ?! LOL. Je n’ai jamais compris à quoi sert ce passage… C’est surement pour permettre à toute la troupe de se changer pour « Polichinelle ». Ce n’est pas une mauvaise idée d’avoir ajouté ce titre, car il ne se passe pas grand-chose dans cette partie et j’aime beaucoup cette séquence. Elle est suivie par le « Ballet Des Tambourins Vénitiens ». Ces deux numéros sont disponibles en vidéo sur ma chaine YouTube.

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À la fin de la fête, la « Valse Du Chat Botté » reprend plus dramatique que jamais pour nous signaler la mort de Luciole, venue s’écrouler sur le trône à la fin du ballet vénitien. Marie-Rose est dans tous ses états. Puisqu’un malheur n’arrive jamais seul, dans la version originale du spectacle, une chauve-souris vient annoncer au Chat botté qu’une méchante araignée arrive au château pour tuer Marie-Rose. Et effectivement, c’est ce qui se passe : Marie-Rose se fait attaquer et meurt dans d’atroces souffrances. La séquence est édulcorée cette année puisque ce sont deux malheureuses chauves-souris qui viennent tournoyer autour d’elle, qui s’écroule de façon bien moins fluide qu’il y a 30 ans. Avant que l’on comprenne quoi que ce soit, Luciole réapparait sur le croissant de lune sur le thème de « La Planète Merveilleuse » en disant à Marie-Rose qu’elle lui offre l’étoile lui redonnera la vie à tout jamais. Marie-Rose se réveille et la chanson phare du spectacle reprend une dernière fois. Le rideau se ferme à nouveau et le public investit le devant de la scène.

Le salut des artistes se déroule sur le thème instrumental du carrosse escargot. On embraye directement sur la chanson du final : « Au Revoir » qui aurait largement suffit, mais il a fallu qu’ils ajoutent un inédit plutôt mauvais ensuite : « Merci Merci A Vous Mes Amis ». Chantal Goya remercie toute sa troupe en précisant qu’elle reviendra sur scène en 2016 pour la reprise du spectacle « Le Soulier Qui Vole ». Elle ajoute également « Et quand je fais une radio, je leur dis “Vous n’êtes RIEN !” la plus belle radio du monde, c’est RADIO PAPA MAMAN !!! ». Les radios apprécieront ! Elle ramasse ensuite 2-3 bouquets en précisant bien qu’elle n’a pas le temps, car, je cite : « On a un train… », une façon délicate de dire : « Foutez-moi la paix avec vos merdes ! » 😀 Et voilà comment s’achève ce beau voyage sur « La Planète… MERVEILLEUSE ». Classe non ? Hahaha !

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Je dois reconnaître qu’il est difficile de conclure après un tel compte-rendu. À la sortie de la salle, on était tous un peu déçus… Parce qu’on attendait beaucoup de cette adaptation d’une part, mais aussi parce qu’on avait gardé en tête sa prestation dans « L’Étrange Histoire Du Château Hanté » en 2010, bien meilleure que celle de cette année (cf.Chantal Goya : L’Étrange Histoire du Château Hanté – Halle Tony-Garnier, Lyon (2010)). Si la troupe qui l’accompagne se démène sur scène (il faut le reconnaître), elle traverse le spectacle en dilettante sans forcément y mettre du cœur. J’ai eu l’impression qu’elle n’y croyait pas et du coup, on n’est pas rentré dans l’histoire. Et puis cette version actualisée de « La Planète Merveilleuse » est tout de même désolante à plusieurs égards. Les coupes qui ont été faites sont regrettables (« Paris Paris », le « Capitaine Perroquet », l’araignée, etc.), les décors ne rendent pas justice à l’esprit du spectacle et puis le manque de moyen se ressent ; bien plus que sur « L’Étrange Histoire Du Château Hanté » (cf. Chantal Goya : L’Étrange Histoire du Château Hanté – Halle Tony-Garnier, Lyon (2010)). Le spectacle méritait mieux.

Je me suis malgré tout bien amusé, il y a des moments que j’ai retrouvés avec bonheur. Je pense notamment au début du spectacle avec les Pierrots de Paris, la séquence des Pieds nickelés, l’arrivée du Carrosse Escargot ou encore le mariage de Titi Malia. Les costumes (ceux des personnages, ses robes, etc.) sont également très beaux. Nous ne retournons pas la voir pour « Le Soulier Qui Vole ». Tout d’abord parce que le spectacle ne nous intéresse pas et parce que vu ce qu’ils ont fait de « La Planète Merveilleuse » : je doute que toute la machinerie nécessaire au « Soulier Qui Vole » soit présente. Et se retrouver avec une version low-cost : non. De plus, elle aura 73 ans, et même si je lui souhaite d’avoir encore la forme, je pense qu’il ne faudra pas attendre grand-chose de sa prestation, vu le contraste flagrant 2010/2014. Je vous renvoie vers la vidéo du « Fantasmagomique » en 2010 (http://www.youtube.com/watch?v=7FbLNVYpAQE) : elle n’a pas fait le quart de ce qu’elle fait sur cette chanson sur l’ensemble du spectacle. Vous me trouverez sans doute exigeant avec elle, mais ce n’est pas malveillant, j’ai une grande tendresse pour elle et son côté « foldingue » me beaucoup rire. J’essaie simplement de retransmettre au mieux ce que je ressens dans mes comptes rendus, que ce soit bon ou mauvais, pour me rappeler plus tard des émotions exactes que j’ai éprouvées dans la salle. On termine sur les photos et les vidéos comme d’habitude ! N’hésitez pas à laisser vos commentaires ici ou sur les réseaux sociaux : Facebook, Twitter et Instagram que vous ayez vu le spectacle ou non, je me ferai un plaisir d’y répondre 😀

Setlist : Ouverture « 1ère Partie » / La Planète Merveilleuse / Les Pierrots De Paris / Ballet Des Pierrots De Paris / Luciole, Mon Petit Éphémère / Pierrot Tout Blanc / Ballet Des Moineaux Clochards / Molière / Ballet Des Hirondelles / Maman Chanson / Les Trois Joyeux Pieds Nickelés / C’est Guignol ! / Pandi Panda / Bécassine / Un Lapin / C’est La Marche Des Poulbots / Le Carrosse Escargot / Ouverture « 2e Partie » / L’île Aux Papillons / Titi Malia / La Planète Merveilleuse / Monsieur Le Chat Botté / Ballet De Préparation De La Fête / Ce Soir, Je Vais Danser / Valse Du Chat Botté / La Complainte Du Lion / Polichinelle / Ballet Des Tambourins Vénitiens / Valse Du Chat Botté / La Planète Merveilleuse / Au Revoir / Merci Merci A Vous Mes Amis

Également disponible en vidéo sur YouTube : MolièreTiti MaliaPolichinellePierrot Tout Blanc

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7 Commentaires

  1. Igor Idols

    28 avril 2014 à 7 h 24 min

    Bonjour….un résumé de vos sensations m’a laissé….perplexe…Il traduit tout à fait votre sentiment partagé quant à la prestation de « La planète merveilleuse » en tournée (omission du décor du capitaine perroquet notamment). Je trouve que vous n’avez pas tellement d’indulgence quant à la qualité du spectacle proposé, il a été calqué au mieux avec la version de 1982 mais n’oubliez pas que les moyens ne sont plus les mêmes…en tant qu’admirateur réel, je connais bien cette artiste donc je ne suis pas très objectif penserez-vous…mais aujourd’hui qui à part Chantal, qui propose un spectacle familial bien joli qui nous sort un peu du quotidien lourd pesant et stressant ? je ne vois pas….ce spectacle reste un moment de plaisir, et le décortiquer ne peut qu’extraire les défauts qu’il émane malgré lui….Depuis 2007 et son retour dans les grandes salles, Chantal n’arrête pas, enchaînant spectacle de théâtre « le monde monde magique (de 2011 à 2013) et grandes salles :il était une fois Marie Rose (2007-2008) Le mystérieux voyage de Marie-Rose (2008)= projection 3D, Happy Birthday Marie Rose (2008-2009-2010) – L’étrange histoire du château hanté (2010-2011-2012), le monde magique (2011-2012-2013)..ainsi que les dates sur des podiums en été !! et enfin « La planète merveilleuse » 2014-2015….une cadence infernale pour une artiste injustement évincée médiatiquement quelques années…Les grands sont ravis de la retrouver et les petits adorent en la découvrant depuis plusieurs années….Je finis cette « tirade » en vous disant qu’en tant que collectionneur et admirateur, Chantal, même fatiguée reçoit chaleureusement ses admirateurs dans sa loge et signe des dédicaces pratiquement à chaque (sauf quand elle est grippée ou doit vite prendre un train pour revenir à Paris ou se rendre dans la ville suivante, il ne s’agit pas pour elle de dire « dégagez avec vos merdes » (je vous cite lol)….Pour tout le bonheur qu’elle m’a apporté depuis longtemps et vu la cohérence de son parcours droit malgré les critiques et les cons, je pense la suivre encore longtemps même si ses prestations finiraient dans une baraque à frites !!! lol…a près tout l’enthousiasme se communique même si les moyens ne sont plus là…bien à vous

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  2. Kéké

    28 avril 2014 à 7 h 25 min

    Il y a aussi beaucoup de second degré dans cette chronique et il me semble le rappeler assez régulièrement tout au long de l’article. Il faut savoir que je traite tous les spectacles/concerts de la même façon et effectivement, je ne fais pas particulièrement preuve d’indulgence, mais, je tiens tout de même à préciser qu’en 2010, je n’avais pas eu à en faire preuve, car j’avais trouvé le spectacle très bon. Je pense apporter assez de précisions tout au long de l’article pour montrer que malgré les défauts que j’ai relevés, j’ai passé un bon moment et je garde une grande tendresse pour elle. Et c’est le plus important ! En tout cas, merci d’avoir partagé votre enthousiasme avec nous !

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  3. Stephane Darris

    28 avril 2014 à 7 h 26 min

    Hello, la lecture de votre critique de la Planete amène quelques réflexions : 1/ Comparons ce qui est comparable : vous partez avec comme postulat de base, la version PALAIs DES CONGRES 1983. Que vous mettez en parallèle avec une version « Tournée 2014 ». Dans ce cas je vous renvoie à des recherches plus approfondies sur Internet : Dans la version tournée 83/84, le décor était plus petit, la lune ne volait pas, pas de carrosse escargot, pas de décor d’Ile aux Papillons ou de château du Chat Botté, et 10 danseurs et 3 enfants…. De plus, lorsque vous parlez du peu de moyens, OK, mais alors comparez les décors, les costumes et le nombre de personnes sur scène avec les spectacles familiaux qui tournent aujourd’hui : OUI OUI, TCHOUPI ou même DISNEY LIVE, et on en reparle! Quant à l’absence de dédicaces à la fin, ben oui, quand il est 17h45 et que l’on a un train à 19h…. Il faut se presser. Merci de donner a vos lecteurs la liste des artistes qui dédicacent pendant 2heures en général apres un spectacle, ça va être vite fait… Sylvie Vartan, certainement?… Non elle a un avion! Flûte alors….

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  4. Kéké

    28 avril 2014 à 7 h 26 min

    Si vous aviez lu la dernière chronique que j’ai rédigée au sujet de Sylvie Vartan, vous vous seriez rendu compte que je n’avais pas été tendre avec elle non plus

    Bref, vous transformez un peu mes propos et il faut que je revienne là-dessus :

    – Concernant la différence entre le spectacle à Paris et « une sélection » de dates sur la tournée (je rappelle que certaines villes ont droit au décor intégral) : on ne parle pas d’énormes éléments comme en 82-83, mais de quelques toiles supplémentaires et quelques bouts de carton. Je pense que la production, quand elle a imaginé/financé le spectacle, a quand même pensé aux dates qui auraient lieu en province. Je signale juste mon incompréhension face à cette absence durant la représentation à laquelle j’ai assisté.

    – Concernant les autres spectacles pour enfants… Sincèrement je ne sais pas MAIS je vous invite à me relire, car j’ai surtout comparé « La Planète merveilleuse 2014 » avec « L’Étrange Histoire du Château Hanté 2010 » : ce qui me semble tout de suite beaucoup plus juste que d’aller voir ailleurs ce qui se fait pour les autres.

    – Et attention ! Je n’ai pas parlé des dédicaces (parce qu’entre nous, qu’elle en fasse ou pas, je m’en contrefous) mais du manque de délicatesse de Chantal Goya qui devrait faire attention à ce qu’elle dit quand elle est sur scène.

    Ce qui me rend perplexe, c’est que vous semblez bien plus préoccupé à me donner tort plutôt que d’exprimer ce que vous, vous avez aimé cette année – ce qui, j’en suis sûr, serait beaucoup plus utile à mes lecteurs.

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  5. Stephane Darris

    28 avril 2014 à 7 h 27 min

    Ben ecoutez… Ce que j’ai aimé… C’est surtout que je l’ais produit! Donc je n’ai pas payé ma place!

    Quand vous parlez de « bouts de cartons supplémentaires » (les ateliers deco/menuiserie apprécieront… ) il faut voir plus loin que les éléments en tant que tel, mais aussi prendre en compte le nombre de personnes supplémentaires pour les monter, les manipuler etc…. Bonne nouvelle : Apres un essai à Montpellier Dimanche, la scène du Capitaine Perroquet sera bien présente dans toutes les dates en Zénith l’an prochain.

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  6. Kéké

    28 avril 2014 à 7 h 28 min

    Hahaha. Alors tout s’explique Eh bien c’est dommage pour moi qui aie raté l’un de mes tableaux préférés parce que j’ai eu la mauvaise idée d’aller voir le spectacle à Dijon.

    Je tiens à dire que j’ai retranscris dans cette chronique le spectacle tel que je l’ai vécu : parfois, ça marche, parfois, ça ne marche pas. On ne peux pas toujours être enthousiaste, d’autant plus quand il s’agit de la reprise d’un spectacle aussi riche que l’est « La Planète merveilleuse ».

    J’ai malgré tout pris beaucoup de plaisir à le découvrir « en vrai » (je l’ai dit, répété, mais je le redis parce qu’on ne souligne que ma déception sur des points précis, que j’ai, il me semble, expliqués en détails) et je suis sûr que la majorité des gens est ravie de voir ce spectacle tel que vous l’avez imaginé en 2014. C’est le plus important ! Mon avis n’étant qu’une goutte d’eau dans l’océan

    En tout cas, je vous remercie de nous avoir éclairé sur l’absence de certains décors en province car je sais que je n’étais pas le seul à me poser la question.

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  7. Stephane Darris

    28 avril 2014 à 7 h 28 min

    non votre avis était intéressant, et il y avait du discernement, même si c’est compliqué pour moi car ma lecture est biaisée puisque j’ai des éléments que vous n’avez pas

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